Nouvel incident sur une plateforme pétrolière dans le Golfe du Mexique : la série noire continue
Le 2 septembre, en fin d’après midi, un incendie s’est déclaré sur une plate-forme pétrolière et gazière du golfe du Mexique.
Le 2 septembre, en fin d’après midi, un incendie s’est déclaré sur une plate-forme pétrolière et gazière du golfe du Mexique.
Après plus de 40 heures accrochés à la plateforme Stena Don, forçant par leur présence Cairn Energy à interrompre ses opérations de forage, les quatre grimpeurs de Greenpeace ont dû quitter leur « poste ». Ils ont été contraints de mettre fin à l’action en raison de conditions climatiques extrêmes. Ils ont été immédiatement arrêtés par les autorités à leur descente.
Depuis le mois de mars 2010, Greenpeace tire la sonnette d’alarme auprès des grands noms de l’informatique et des nouvelles technologies sur les émissions de carbone importante de ce secteur. Aujourd’hui, Kumi Naidoo, directeur exécutif de Greenpeace international, interpelle directement Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, sur la nécessité pour l’entreprise, qui connecte des millions de gens, d’être exemplaire.
Ce matin, à l’aube, des activistes de Greenpeace ont escaladé une plateforme pétrolière située au large du Groenland (Mer de Baffin), une région convoitée par les géants du pétrole.
Le navire de Greenpeace l’Arctic Sunrise poursuit son expédition scientifique de trois mois dans le golfe du Mexique. Objectif : révéler l’étendue et la nature réelles de la marée noire provoquée par BP. Les scientifiques embarqués à bord du navire étudient les conséquences de ce désastre écologique sur les écosystèmes de la région, des éponges ancrées dans les grands fonds océaniques au plancton évoluant à la surface.
BP n’a pas fini de souiller le Golfe du Mexique qu’une autre compagnie pétrolière anglaise, Cairn Energy, débute de nouveaux forages dangereux. En Arctique, région jusque là non polluée par la prospection pétrolière, cette compagnie inexpérimentée vient (grâce à une concession) de forer un premier puits (et en prévoit 2 autres) de 300 à 500 mètres de profondeur.
Depuis quelques jours, les médias annonçaient que pas moins de trois quarts des 780 millions de litres de pétrole répandus dans le Golfe du Mexique avaient disparus. Ce qui posait forcément la question : par quel miracle des millions de barils de brut auraient bien pu s’évanouir purement et simplement en l’espace de quelques semaines ? Une étude américaine du Georgia Sea Grant et de l’Université de Georgia vient de faire la vérité : selon elle, 79 % de la masse initiale de pétrole répandue par BP est toujours présente dans le Golfe.
« L’idée largement répandue que le pétrole qui s’est dissout dans l’eau a disparu et est inoffensif est une erreur, affirme le professeur Charles Hodkins, directeur du Georgia Sea Grant. Le pétrole est toujours là , et il risque de prendre des années à se dissoudre complètement. Nous sommes encore bien loin d’avoir évalué tous les impacts possibles de la catastrophe. »

Ce sont 6 permanents et 14 bénévoles de Greenpeace Russie qui sont déployés sur le terrain pour observer au plus près l’évolution des incendies dévastateurs qui ravagent le pays. L’équipe, postée dans une des zones les plus touchées, à l’Ouest de Moscou, permet à Greenpeace Russie d’obtenir des informations non-censurées et de témoigner de l’ampleur réelle des dégâts et des dangers.
Paris, le 13 août 2010 – Voilà une semaine que la fuite provoquant la marée noire dans le golfe du Mexique a officiellement été stoppée. Mais les conséquences réelles de la catastrophe restent encore en grande partie inconnues. L’absence totale de réaction des pétroliers, des politiques face à l’évidence des risques que nous font courir les pétroles non conventionnels et le « tout pétrole » est scandaleuse. C’est pourquoi Greenpeace mobilise deux de ses trois navires.
Pendant trois mois, l’Arctic Sunrise va servir de base aux recherches de scientifiques américains sur les impacts de la marée noire et des dispersants chimiques sur la vie marine et sous-marine du golfe. Parallèlement, l’Esperanza a quitté Londres hier pour une destination encore inconnue, bien décidé à aller dénoncer les pires projets de forages très profonds.
L’Arctic Sunrise : connaître le vrai coût environnemental de cette marée noire
L’Arctic Sunrise est parti de St. Petersburg en Floride avant-hier pour sillonner l’archipel des Keys et le parc national des îles Dry Tortugas. Il approchera ensuite de la funeste plateforme Deepwater Horizon avant la fin du mois, examinant l’état du plancton, du corail, etc.
A titre d’exemple, des chercheurs de l’Université de Nova Southeastern en Floride, de l’Université de Tulane en Louisiane seront à bord pour étudier par exemple les éponges en tant que bio-indicateurs : elles filtrent de grandes quantités d’eau et sont donc très utiles pour constater l’impact toxique du pétrole et des dispersants. Ils étudieront aussi le plancton dans les environs de la plateforme Deepwater Horizon afin d’évaluer les impacts sur les larves de crabe bleu, de thon rouge, de daurade et d’autres espèces. Ils seront rejoints dès le mois de septembre par d’autres équipes de scientifiques.
Une marée noire au bilan déjà catastrophique et encore provisoire
Les dernières estimations (779 millions de litres déversés le long de 700 km de côtes américaines – Texas, Louisiane, Alabama, Floride) font de la fuite dans le golfe du Mexique le pire déversement de pétrole accidentel de toute l’histoire. A titre de comparaison, les traces de l’Exxon Valdez (déversement plus de 15 fois moindre) sont encore visibles 20 ans après. L’expérience montre que dans le cas d’une marée noire, on retire rarement plus de 10 % du pétrole de l’environnement. Le restant coule au fond de l’océan ou est ingéré par les animaux qui meurent ou développent des maladies. Le pétrole de BP restera dans l’écosystème pendant plusieurs décennies, avec de graves conséquences sur l’ensemble de la chaîne alimentaire du golfe du Mexique et des bayous de Louisiane, zone de reproduction de nombreux poissons, oiseaux, tortues et animaux marins.
L’Esperanza : contre les forages très profonds, pour une nouvelle politique énergétique
Les compagnies pétrolières ont une vision de très court terme, cherchant toujours à forer plus loin, plus cher, plus risqué, alors que l’évolution vers les énergies vertes est inévitable. Selon le Potsdam Institute for Climate Impact Research, pour limiter la hausse des températures sous la barre des 2°C, nous ne devons pas bruler plus du quart des réserves prouvées (réserves extractibles dans les conditions techniques et économiques actuelles) en fossiles (pétrole, gaz et charbon) d’ici à 2050.
L’Esperanza a quitté Londres et se dirige vers une destination… inconnue… Il est possible de suivre sa trajectoire sur cette carte (en anglais) :
Les demandes de Greenpeace :
- Sortir des projets pétroliers à hauts risques : off-shore profond, sables bitumineux, forage sous l’Arctique… et sortir progressivement des fossiles d’ici à 2050.
- Réduire la demande en pétrole, notamment dans le secteur des transports.
- Développer les énergies renouvelables et les économies d’énergies.
Durant ces dernières semaines, de gigantesques feux ont fait rage dans la partie occidentale de la Russie, touchée depuis début juillet par une canicule sans précédent. Les incendies ont tué au moins 54 personnes et ravagé une superficie de 190 400 hectares, menaçant des installations stratégiques. Les pires inondations depuis 80 ans au Pakistan ont tué plus de 1600 personnes et laissé 2 millions de sans abris. Près de 1500 personnes sont mortes dans des glissements de terrain et des inondations en Chine. Il ne s’agit pas là de dresser un tableau apocalyptique, mais de prendre un peu de recul par rapport à cette actualité.
Si l’on ne peut, objectivement, attribuer chaque événement individuellement au dérèglement climatique, l’accumulation de catastrophes naturelles en si peu de temps s’inscrit en cohérence avec les prévisions des climatologues du GIEC. Par exemple, une canicule, comme celle de 2003 qui a frappé l’Europe ou comme celle qui touche en ce moment la Russie, n’est pas une preuve que le climat change : un tel événement, même s’il est inédit et improbable, n’est pas impossible dans un climat non perturbé par l’homme. En revanche, le fait que l’on trouve dans les douze dernières années (1997-2008) les dix les plus chaudes depuis que l’on fait des mesures dans le monde est quasiment impossible en l’absence d’un réchauffement global.