L'ONU s'inquiète de la régression des droits des peuples autochtones au Brésil

Pour les peuples indigènes qui luttent pour la reconnaissance de leurs terres ancestrales, le Brésil est un des pays les plus dangereux.

Les indiens Xavántes de la région de Maraiãwatsede et leurs peintures de guerre traditionnelles. À cause du conflit autour de la propriété de leurs terres, les peintures de guerres font désormais partie du quotidien des peuples autochtones.
Les indiens Xavántes de la région de Maraiãwatsede et leurs peintures de guerre traditionnelles. À cause du conflit autour de la propriété de leurs terres, les peintures de guerres font désormais partie du quotidien des peuples autochtones.

Action contre IOI, l'entreprise qui détruit la forêt tropicale en Indonésie

Ces dernières années, des millions d’hectares de forêts et de tourbières ont été détruits pour la culture du palmier à huile, aux dépens de la biodiversité, du climat et des populations locales. D’après une étude publiée ce mois-ci, plus de 100 000 personnes sont mortes prématurément rien qu’en 2015 en Asie du Sud-Est à cause des fumées toxiques liées à la déforestation.
Les feux de forêts, un fléau gigantesque.

Feux de forêt au Kalimantan.
Feux de forêt au Kalimantan.

Ensemble, construisons une « paix verte »

Aujourd’hui, dans le monde entier, nous célébrons la Journée internationale de la Paix. Cependant, pour beaucoup, la paix reste introuvable et, à moins que des changements radicaux s’opèrent, elle le restera pour les années à venir. En 2015, le nombre de réfugiés et de personnes déplacées a battu des records, dépassant ceux de l’après-Seconde Guerre mondiale. C’est le cœur lourd que nous suivons les informations qui nous parviennent du monde entier et leur flot d’images déchirantes : un enfant terrifié, un hôpital en ruines, un bateau renversé, une ville bombardée, une communauté qui lutte pour survivre… Et pour chaque scène bouleversante que nous voyons, combien passent inaperçues ? La souffrance et la misère au-delà de l’imaginable et des limites de ce que devrait endurer un être humain sont le quotidien de nombreuses personnes.

© Yann Arthus-Bertrand / Spectral Q
© Yann Arthus-Bertrand / Spectral Q

Si nous ne pouvons prétendre savoir ce qu’ils endurent, nous devons nous demander ce que nous pouvons faire. A Greenpeace, cette question nous tourmente et nous avons le devoir d’y répondre. Comment pouvons-nous rendre notre monde plus vert et plus pacifique ? Collaborer avec d’autres organisations non gouvernementales ou apporter notre soutien aux communautés en lutte, c’est un pas dans la bonne direction. Mettre nos compétences aux services des personnes touchées par les conflits en est un autre. Toutefois, si ces initiatives sont nécessaires et importantes, elles interviennent “après coup”.

Greenpeace s’élève aussi contre ce discours qu’on nous sert depuis des années, à savoir que la force militaire est la seule façon de garantir la sécurité, et que les frontières et les armes sont la clé d’un monde pacifié. En réalité, si nous voulons empêcher le déclenchement de conflits, nous devons nous attaquer à leurs causes profondes. Nous devons travailler aux côtés des populations pour identifier des solutions non violentes à leurs problèmes.

La paix ne se définit pas uniquement par l’absence de guerre ou de conflit, et cette approche est le fondement de la conception de la paix que se fait Greenpeace. Les gouvernements dépensent des sommes astronomiques en matière de “défense”, que ce soit pour des armes, des bombes, des avions de guerre et, bien entendu, pour les armes nucléaires. En revanche, peu de ressources – qu’elles soient humaines ou financières – sont consacrées à la prévention en amont des conflits.

Le modèle de sécurité du 20e siècle, basé sur la puissance militaire, a fait long feu. Croire que les armes garantissent la sécurité, que la domination militaire est une marque de supériorité et que les conflits qui se passent au bout du monde ne nous concernent pas, c’est croire en des mythes qui ne font qu’aggraver les violences et les souffrances. La violence engendre la violence et permet rarement de résoudre les conflits. La paix du 21e siècle doit se concevoir autrement que par l’absence de guerre.

Nous devons changer nos façons de penser, qui permettent à la sécurité nationale de reposer sur la puissance militaire et sur la peur de ceux qui sont différents de nous, au profit d’une approche plus exhaustive de la sécurité : la sécurité humaine. La sécurité humaine vise à protéger et à renforcer la dignité, l’autonomisation et l’épanouissement de toutes et de tous, pas uniquement en nous préservant des menaces, mais aussi en créant des systèmes environnementaux, sociaux, politiques et économiques qui permettent à chacun de se développer aux côtés des autres.

La clé de la sécurité humaine réside dans un environnement sain. Prendre soin de notre environnement, c’est une nécessité et non un luxe. Notre sort et celui de la planète sont étroitement liés et l’espèce humaine ne survivra pas et ne connaîtra pas la paix sans un environnement sain et équilibré.

Willy Brandt, Prix Nobel de la paix, a dit : « La paix ne résout pas tout, mais sans elle nous ne pourrons rien résoudre. » Cette citation s’applique parfaitement à notre planète et à ses ressources qui sont à la base même de notre existence.

Les dégâts que nous infligeons à la planète sont irréversibles. Nous avons atteint un tournant, un point critique dans notre développement. En dépassant les limites naturelles de notre planète, nous nous dirigeons droit vers un monde où l’instabilité, l’épuisement des ressources, la peur, les crises voire les conflits ne cesseront de s’accroître. Certains effets des changements climatiques sont malheureusement d’ores et déjà inévitables, tout comme les situations de crise qu’ils engendrent. C’est notre manière d’y faire face qui importe.

L’épuisement des ressources (eau, terres cultivables, énergie) ne doit pas nécessairement mener au conflit. Des recherches ont démontré que, souvent, ce contexte pouvait amener des parties rivales à coopérer.

Le partage équitable des ressources entre toutes et tous et la protection du patrimoine commun de l’Humanité sont deux moyens de parvenir à un monde sain et en paix.
Pour faire face à l’épuisement croissant des ressources et aux impacts, localisés ou généralisés, des changements climatiques, nous devons adopter des alternatives durables.

Prenons le cas de l’énergie : les mécaniques d’un conflit sont toujours complexes. Pourtant, à travers le monde, accaparement des ressources et conflits vont souvent de pair. Les conflits existant aujourd’hui en Irak, en Ukraine, au Soudan, en mer de Chine méridionale ou au Nigeria sont tous, d’une façon ou d’une autre, liés à l’appropriation, à l’accès ou au transport des énergies fossiles.

« Les guerres des ressources » ne datent pas d’hier, mais aujourd’hui, nous disposons des moyens pour les surmonter. L’exemple de l’énergie illustre parfaitement les bénéfices d’une transition énergétique vers des énergies durables, propres et renouvelables. Elle pourrait non seulement atténuer certains conflits mais également améliorer l’existence de milliards de personnes. Aujourd’hui, 1,3 milliard de personnes (18% de la population mondiale) vivent sans électricité et 2,6 milliards ne disposent pas de lieu de cuisine salubre. Ce constat est particulièrement problématique pour les populations déplacées ou réfugiées. Les énergies renouvelables ont déjà permis de transformer les conditions de vie de millions de personnes.

Greenpeace, grâce à votre soutien, contribue à mettre en marche un avenir 100 % énergie renouvelable pour tous, tout en agissant directement sur le terrain (en Inde, en Italie ou au Liban, par exemple). Cette symbiose fragile entre la paix et l’environnement doit être protégée et nous servir de guide. Nous voulons un monde où les peuples coexistent entre eux et avec la nature. Nous voulons un monde où les ressources sont partagées et respectées. Pour y parvenir, nous devons préférer l’entraide au conflit, l’équité et la durabilité à la cupidité, la dignité et le courage à l’exploitation.

Greenpeace a toujours défendu et continuera de défendre la paix.

Comme l’a dit un jour l’un de nos membres fondateurs, donnant par la suite son nom à notre organisation : “construisons une paix verte”.

Article rédigé par Jennifer Morgan et Bunny McDiarmid, co-directrices générales de Greenpeace Internationale.
Suivez-les sur Twitter :
https://twitter.com/bunmcd et https://twitter.com/climatemorgan

#TISALEAKS : révélations sur le très secret « Accord sur le commerce des services »

Greenpeace Pays-Bas publie aujourd’hui vingt-deux documents confidentiels concernant les négociations sur l’Accord sur le commerce des services (TiSA) qui se déroulent en ce moment à huis-clos à Genève. Cette publication s’accompagne d’une analyse détaillée qui démontre que certains volets des négociations sont antidémocratiques et en contradiction totale avec les engagements pris lors de la COP21 sur le climat à Paris.

Retrouvez tous les documents et analyses ici.

Manger bio et local, c'est l'idéal !

Demain, la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB) lancera sa campagne « Manger bio et local, c’est l’idéal ». Au programme, plus de 500 événements partout en France, pour mieux connaître l’agriculture biologique et les producteurs de sa région.

Stéphanie Pageot est la Présidente de la FNAB et éleveuse de vaches laitières en Loire-Atlantique. Elle nous parle de la campagne de la FNAB et de la situation de l’agriculture biologique aujourd’hui.