[Action à Bercy] Faillite du nucléaire : « François Hollande, arrêtez les frais et investissez dans les renouvelables ! »

Dès 6h40 du matin le 1 juillet 2015, 25 militants de Greenpeace bloquaient l’accès au ministère de l’Économie et des Finances à Bercy, pour demander à François Hollande de cesser de gaspiller l’argent public dans le nucléaire et d’investir massivement dans les énergies renouvelables.

Sapmer : et pour quelques millions d'euros de plus…

Changement de stratégie pour la Sapmer. Les profits à court terme n’étant pas au rendez-vous, la Sapmer abandonne une stratégie qui visait à miser sur la valeur ajoutée, pour s’orienter vers une course frénétique aux volumes.
Cela fait maintenant 2 ans que les ambitions d’expansion de la Sapmer ont du plomb dans l’aile, mais c’est la publication des comptes de l’entreprise pour 2014 qui a été le déclencheur : une perte de plus de 11 millions d’euros !

Qui est la Sapmer ?

Cet armateur réunionnais a pendant longtemps été spécialisé dans la pêche à la légine. Il y a moins de 10 ans, ses dirigeants se sont lancés dans l’aventure du thon tropical.

L’ambition était sans limites : construire en à peine une quinzaine d’années plus de vingt thoniers senneurs dernier cri, construire des usines de transformation à Maurice puis en Papouasie-Nouvelle-Guinée, devenir un acteur clef du sashimi, le thon haut de gamme, s’imposer sur le marché très fermé du Japon, avec comme objectif de dépasser les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en doublant les captures totales de thon tropical des armateurs français.

Pour cela, l’entreprise s’est implantée dans des paradis fiscaux, à Singapour et au Luxembourg. Elle a bénéficié de subventions, levé des centaines de millions d’argent frais et développé une stratégie de marketing et de communication basée sur la valorisation de produits haut de gamme plutôt que sur la course aux volumes. On a même entendu les dirigeants mépriser le « vieux » modèle des armateurs français qui ne faisaient que du thon en boîte.

Une logique purement financière

Mais il a suffi que les profits ne soient pas à la hauteur pour que la maison-mère, le groupe financier Jaccar, reprennent en main les choses, au détriment, bien sûr, de l’environnement marin et des conditions sociales de l’entreprise.

Le virage est radical : baisse des salaires des officiers bretons (jusqu’à -48% !), réduction des effectifs des marins africains, notamment malgaches, mais surtout pression accrue sur la ressource (les patrons des thoniers doivent maintenant capturer 8000 t par an, alors qu’ils plafonnaient a 5000 t).
Pour cela, la Sapmer a décidé de s’inspirer du modèle espagnol, le plus destructeur : réaliser plus de captures avec plus de DCP, et utiliser des navires de soutien chargés uniquement de déployer les DCP.

Une logique simpliste ?

L’action de la Sapmer a perdu 35% environ en un an, passant de 20€ à 12,5€. La direction a donc fixé comme objectif d’augmenter les captures… Les propositions qui se votent lors de l’Assemblé générale des actionnaires de la Sapmer (qui se tient aujourd’hui), sont présentées comme un plan de « sauvetage ». Mais cette stratégie va dans le mur. La Sapmer pourrait même avoir le prix de l’entreprise qui se positionne systématiquement à contre-courant de l’histoire !

Lorsque la Sapmer est entrée dans le business du thon tropical en 2006, il était déjà clair que la puissance de pêche de l’industrie était un problème. Mais peu importe, l’ambition de la Sapmer passe d’abord. Objectif : construire 20 thoniers industriels, capturer plus de 100 000 t de thon par an et vendre ce thon le plus cher possible.

Résultat : comme la Sapmer n’est pas la seule entreprise à construire des bateaux, les prix du thon se sont écroulés. Le prix de référence est autour de 1 000€/t, ce qui pose de gros problèmes de viabilité économique et financière aux armateurs.

En mettant en suspens son plan de construction de 10 thoniers pour le Pacifique, la première réaction de la Sapmer peut sembler logique. Mais la décision qui a suivi est absurde : capturer plus de thons pour compenser la baisse du prix, c’est mener une politique de la terre brûlée… Ce prix bas est justement le résultat d’une surproduction.

Toujours plus de DCP

Quand tout le monde parle de limiter le nombre de DCP, la Sapmer s’engage dans une fuite en avant, en annonçant l’utilisation de navires de soutien destinés à déployer encore plus de DCP.
Le 1er juillet commence la fermeture pour 3 mois de la pêche sur DCP dans le Pacifique. C’est à la veille de cette date que les actionnaires vont valider cette orientation contre-productive.
Et si vous pensiez que la Sapmer avait oublié que les armateurs français se sont engagés à ne pas déployer plus de 150 DCP par navire, détrompez-vous. Elle s’en rappelle bel et bien et va délocaliser l’ensemble de sa flotte aux Seychelles.

Il est à parier que l’augmentation du nombre de DCP ne va pas permettre à l’action Sapmer de remonter et à l’entreprise d’atteindre enfin ses objectifs de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. En revanche, ce qui est certain, c’est que le nombre de requins, de tortues et de toutes les autres espèces prises par les thoniers et qui forment les prises accessoires va exploser, tout comme les captures de thons juvéniles. Ce qui risque de baisser encore, ce sont les prix du thon et la viabilité économique de l’entreprise.
Mais surtout, la Sapmer risque de se laisser distancer par les acteurs les plus durables. Ce sont les entreprises qui feront le pari inverse qui auront toutes les chances de s’en sortir : pêcher moins, pêcher mieux pour vendre plus cher.

Les consommateurs ont le pouvoir d’agir en faisant le choix du thon durable !
Les actionnaires devraient anticiper cette demande et s’orienter vers une pêche sans DCP, s’ils veulent un jour recommencer à toucher des dividendes.

Nucléaire : une industrie en faillite

Contrairement aux idées reçues, le secteur du nucléaire est aujourd’hui en situation de quasi faillite économique. Les récents rebondissement autour de la situation désatreuse d’Areva ne doivent pas faire illusion. Il ne s’agit pas d’un acteur mal géré ou en crise passagère : c’est toute une industrie qui se trouve aujourd’hui dans l’impasse. C’est ce que démontre une nouvelle étude publiée par Greenpeace. Les chiffres sont accablants.

COP21 : prendre le chemin des changements concrets

Une nouvelle session de négociations techniques sur le climat s’est terminée vendredi 12 juin 2015 à Bonn en Allemagne. Elle réunissait 196 pays sous l’égide de l’ONU. Objectif affiché : progresser sur le texte qui a vocation à devenir l’accord de Paris lors de la COP21 en décembre prochain. Après deux semaines de discussions techniques, sans surprise, très peu d’avancées ont réellement été décidées. Pourtant le cap est connu : pour contenir le réchauffement climatique dans la fourchette des 2°C, il est impératif de passer à 100 % de renouvelables pour tous d’ici 2050.

Déforestation en Amazonie : le gouvernement brésilien doit agir

La forêt amazonienne est la plus grande du monde. En plus d’être indispensable à l’équilibre climatique de la planète, elle abrite une biodiversité inégalable ainsi que de nombreuses populations qui dépendent d’elle directement pour vivre. Malheureusement, elle est aussi très vulnérable : depuis plusieurs décennies maintenant, elle est la cible des appétits coupables des grandes compagnies forestières, qui ouvrent des voies de pénétration au cœur de la forêt dense et favorise ainsi le déboisement définitif à des fins agricoles.

Roundup : la fausse bonne nouvelle de Ségolène Royal

[Edit le 16 juin à 16h30 suite à l’annonce de Ségolène Royal du dépôt d’un amendement pour interdire la vente en libre-service du glyphosate]

Dimanche 14 juin, Ségolène Royal a pris position contre la vente en libre service aux particuliers du désherbant phare de Monsanto, le Roundup, dont la substance active est le glyphosate. Deux jours plus tard, la Ministre précisait son intention : un amendement sera déposé à la loi sur la transition énergétique, afin que cette interdiction prenne effet le 1e janvier 2016. Une déclaration qui constitue une avancée, mais qui ne concerne pas les usages agricoles.

Petit Navire innove…dans le greenwashing !

Presque un an après le lancement de notre campagne contre la pêche intensive pratiquée par les thoniers senneurs, Petit Navire vient de sortir un nouveau site internet : questiondeconfiance.fr. Leur but : renforcer le lien avec les consommateurs qui se sont détournés de la marque grâce à un discours rassurant sur la traçabilité et leur politique d’approvisionnement.

Greenpeace avec Alternatiba !

Cela fait presque deux ans maintenant que le mouvement Alternatiba est né. À l’initiative du mouvement altermondialiste basque Bizi !, il essaime en France et en Europe pour promouvoir des solutions énergétiques alternatives et travaille à une mobilisation citoyenne autour de la COP21. Greenpeace a décidé de s’y associer.