Dernier conseil de Cupithon avant son départ en vacances

Les aventures estivales de Cupithon touchent à leur fin…
Après Hossegor, c’est au-dessus de Lacanau, d’Oléron et des côtes du Golfe du Morbihan que nous pouvions apercevoir le dirigeable la semaine dernière.

Pendant ce temps, les militants restés à terre n’ont pas chômé puisqu’ils ont pu poursuivre leur travail de sensibilisation et d’information des habitants de la région et des vacanciers interloqués par le passage et le message de notre zeppelin.
Par ailleurs, dans pas moins de 16 villes en France, nos militants se sont mobilisés toute la semaine sur le terrain pour impliquer les consommateurs dans notre campagne et leur proposer d’agir à nos côtés pour interpeller les marques.

Ces dernières semaines, Cupithon, dans son rôle de spécialiste de la relation durable, nous a montré que la route était encore longue pour les marques de thon en boîte. Elles peuvent participer à faire changer les pratiques sur l’eau en exigeant de leurs fournisseurs qu’ils s’approvisionnent en thon pêché durablement. Elles ont un rôle à jouer pour éliminer les impacts environnementaux, mais également sociaux, des pratiques de pêche industrielle actuelles !

Les acteurs de la pêche thonière industrielle doivent faire preuve de sobriété, au risque de se tirer une balle dans le pied en vidant tous les océans de leurs ressources, leur gagne-pain !
C’est le troisième conseil de Cupithon.

Conseil n°3 : Maîtriser la folie des grandeurs des acteurs de la pêche thonière

Au niveau mondial, la pêche au thon tropical est une des principales pêcheries en volume et en valeur.

L’intensification et l’industrialisation de la pêche thonière n’ont cessé de faire décliner les stocks de thons. Et les acteurs de cette pêche ne peuvent s’empêcher de vouloir pêcher toujours plus : plus de bateaux, plus de DCP, plus de prises.
Cette course effrénée aux poissons n’en finit plus alors que certains stocks souffrent terriblement de cette pression.

Les océans comptent un nombre de DCP grandissant. Selon des scientifiques, il y a tellement de DCP dans certaines zones des océans tropicaux (comme le canal du Mozambique dans l’ouest de l’océan Indien par exemple) que le comportement des thons, espèces migratoires, commencerait à en être affecté.


En tant que consommateurs, vous pouvez agir !
Appelez les services consommateurs des marques de thon en boîte pour savoir ce que cache réellement votre boîte de thon.


Rendez-vous à la rentrée pour la suite de nos aventures sur le thon en boîte …

Detox : l'Union européenne interdit l'importation de textiles toxiques

C’est une grande victoire que nous voudrions partager avec vous aujourd’hui : cette semaine, les États membres de l’Union européenne ont voté en faveur de l’interdiction des importations de textiles comportant des éthoxylates de nonylphénol (NPE).

Cette décision vient combler une lacune réglementaire qui permettait l’arrivée en Europe de vêtements et accessoires contaminés par ces substances toxiques. Elle vient aussi mettre fin à un paradoxe, puisque l’utilisation de ces composés chimiques dans la fabrication textile est déjà interdite sur le territoire européen.

victoire NPE

Les NPE, c’est quoi ?

Les NPE sont des composés chimiques artificiels utilisés comme agents de surface ou tensioactifs par l’industrie textile. Ils se dégradent ensuite en nonylphénols (NP), des composés encore plus toxiques que les NPE, qui ne se désagrègent pas facilement dans l’environnement et s’accumulent dans la chaîne alimentaire. Ces sont également des perturbateurs endocriniens.

Une pollution sans frontières

Depuis le lancement de la campagne Detox en 2011, Greenpeace dénonce le cycle toxique de la mode : dans les pays de fabrication des vêtements, les cours d’eau sont pollués par les rejets de produits toxiques utilisés par l’industrie textile… et dans les pays où ces vêtements sont importés, le lavage en machine des tissus et leur mise en décharge provoquent aussi le rejet de substances toxiques dans l’environnement.

cycle toxique mode

L’Union européenne interdisait déjà l’utilisation des NPE dans la fabrication textile sur son territoire. Désormais, l’importation de textiles contenant des NPE sera elle aussi interdite. Cette décision devra être validée par la Commission européenne dans les prochaines semaines, et sa mise en place effective devrait prendre encore cinq ans, ce qui laissera amplement le temps à l’industrie de trouver des substituts non dangereux à ces produits.

Lentement mais sûrement

Certes, le temps législatif est long… Mais cette décision aura des répercussions aussi dans les pays exportateurs, où les sous-traitants seront contraints d’assainir leurs chaînes de production pour ne pas perdre de parts de marché. La Chine, par exemple, aura tout intérêt à se plier aux normes de l’Union européenne, son premier partenaire commercial.

À ce jour, grâce à votre mobilisation, 18 grandes marques de vêtements se sont engagées dans une cure de « detox ». Les gouvernements bougent aussi, puisque des mesures législatives ont déjà été prises en Chine, en Indonésie, au Mexique et aujourd’hui en Europe.
Nous avons bien conscience que notre campagne est loin d’être terminée, mais nos efforts portent leurs fruits. Greenpeace continuera de surveiller de près les engagements des marques (notamment l’industrie du luxe, et des marques telles que Hermès ou LVMH qui n’ont toujours pas pris d’engagement) et les avancées réglementaires. Pour cela, nous aurons encore besoin de votre participation et nous comptons sur vous.

Consultez le dernier classement des marques et participez à la campagne ici (en anglais).

Loi pour la transition énergétique votée. Place au concret !

C’est hier en fin de journée que les députés ont (enfin !) voté la loi pour la transition énergétique et la croissance verte. Et pour la première fois, un cadre législatif impose de réduire la part du nucléaire dans le mix électrique français !

Mais il ne s’agit bien que d’un cadre dans lequel devra s’opérer la transition énergétique. Pour que cette loi ne reste pas lettre morte et pour que s’appliquent concrètement, sur le terrain, de véritables changements, tout reste à faire.

François Hollande doit faire en sorte que ce texte franchisse les écueils du financement et de sa mise en œuvre. Il doit agir dès maintenant pour donner les moyens à la France d’entamer sa transition énergétique. Une VRAIE transition énergétique, celle d’un pays qui va présider la Conférence sur le climat en décembre prochain…

Prochaine étape : la Programmation Pluriannuelle de l’Energie

La Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) est la déclinaison opérationnelle de cette loi. Son contenu ainsi que l’échéance pour son élaboration ne sont aujourd’hui toujours pas connus.

A la fermeture de deux réacteurs à Fessenheim (qui fait partie des engagements de campagne de François Hollande) il faudra ajouter trois autres fermetures d’ici 2018 pour avoir ne serait-ce qu’une chance d’atteindre les objectifs fixés par la loi.

En parallèle, il est nécessaire de se donner les moyens de mettre la transition énergétique en état de marche. Un récent rapport de l’ADEME a démontré que 100% d’énergies renouvelables en France, c’est possible, en plus d’être rentable !
En tant qu’hôte de la Conférence sur le climat qui aura lieu à la fin de l’année, François Hollande doit se donner les moyens de réaliser une transition énergétique digne de ce nom. Pour atteindre 27% d’énergies renouvelables électriques en 2020 et 40% en 2030, il va devoir mettre les bouchées doubles !

Pour nous, le moment est historique.
Depuis le début de son existence, Greenpeace n’a eu de cesse de combattre les énergies du passé qui mettent en danger les populations et notre planète.
Mais nous ne perdons pas de vue la nécessité de la mise en œuvre opérationnelle de ce texte et de la place qui doit être faite aux énergies renouvelables.

Vous êtes déjà plus de 48 000 à avoir demandé à François Hollande de prendre ses responsabilités pour le climat. La mobilisation ne doit pas s’arrêter là.

Cupithon en action : à la rencontre des vacanciers

L’été est une période cruciale pour les marques de thon en boîte car cette période correspond à leur pic de ventes.
C’est pourquoi, durant tout le mois de juillet, les militants de Greenpeace seront sur le terrain pour sensibiliser les consommateurs et les vacanciers friands de thon en boîte aux impacts dévastateurs de la surpêche, et pointer du doigt la responsabilité des marques.

Merci d'avoir donné de la voix à l'agriculture écologique !

Il y a un peu plus de 50 jours nous lancions un appel à dons pour financer deux projets d’agriculture paysanne et écologique.

Le premier projet consiste à créer la maison des semences paysannes du Lot qui facilitera la culture et l’échange de semences entre les paysans du Lot. Elle permettra aux agriculteurs de reconquérir leurs droits sur leurs cultures.

© Jean-Luc Bertini
© Greenpeace / Jean-Luc Bertini

Le deuxième projet porte sur la réalisation de 24 diagnostics agriculture paysanne dans la Région Centre. Alarmés par les dérives de l’agriculture productiviste, de nombreux paysans en France se sont unis pour réfléchir aux alternatives possibles et ont créé la charte de l’agriculture paysanne. Le diagnostic agriculture paysanne est une approche globale, née de la réflexion et de l’expérience des agriculteurs.

Ces 2 projets sont accompagnés par la FADEAR, le réseau de l’agriculture paysanne.

Des projets qui contribuent à la métamorphose du modèle agricole

Le projet « Maison des semences paysannes » a récolté 22110 euros et le projet « Diagnostics agriculture paysanne », 20728 euros.
En plus de vos dons, la Confédération Paysanne du Lot et Vigilance OGM 46 ont toutes deux souhaité faire un don additionnel de 1000 euros chacune à la Maison des semences pour permettre de donner encore plus d’ampleur à ce projets.

C’est donc près de 45 000€ qui auront été collectés !

Les diagnostics agriculture paysanne se poursuivent dans le Centre. Un diagnostic est quasiment finalisé dans le Cher et d’autres rendez-vous ont été pris avec des paysans pour cet automne, les paysans étant actuellement très occupés par les travaux dans les champs.

©Greenpeace / Jean-Luc Bertini
©Greenpeace / Jean-Luc Bertini

La mise en place de la Maison des semences paysannes est également en très bonne voie. Les paysans ont pu visiter les jardins des jardiniers qui vont multiplier les semences et échanger avec eux sur les méthodes de culture, les maladies rencontrées etc. Cette journée de visites n’aura pas été sans surprise puisqu’ils ont découvert au cours de leurs visites un chou portugais géant ainsi qu’une petite salade aux feuilles vert foncé !
Une réunion pour le tri des graines aura lieu en octobre, quand les graines seront sèches.

Margaux et Corentin, Olivier, François, Cassandre, Serge et Jacques, Peyo, Florent, Christian et Cathy incarnent le changement agricole que nous promouvons.

Grâce à vous les projets des paysans du Centre et du Lot vont pouvoir voir le jour, grandir et semer leurs graines.

A suivre …

Il y a 30 ans, l'insensée « raison d'Etat » causait la mort de Fernando Pereira

Nous commémorerons demain la mémoire de Fernando Pereira.
Il y a 30 ans, ce militant écologiste non violent perdit la vie dans l’attentat du Rainbow Warrior dans la nuit du 10 au 11 juillet 1985.

Alors que le Rainbow Warrior était à l’ancrage dans le port d’Auckland, deux explosions retentissent successivement au milieu de la nuit.
Le Rainbow Warrior vient d’être coulé par les services secrets français. Alors que la mobilisation citoyenne internationale soutient l’engagement de Greenpeace contre les essais nucléaires, le gouvernement français, se disant harcelé par la contestation, choisit de faire sauter le navire.
Fernando Pereira, le photographe de l’équipage, se trouvait à bord.

Fernando Pereira, militant écologiste et photographe, décédé dans l'attentat du Rainbow Warrior
Fernando Pereira, militant écologiste et photographe, décédé dans l’attentat du Rainbow Warrior.

Le monde se réveille sous le choc

Le sabotage est évident. Les faux époux Turenge qui sont en fait le Capitaine Prieur et le commandant Mafart agents des services secrets, sont rapidement arrêtés. Dans les semaines qui suivent, les preuves contre le gouvernement français s’accumulent.

Rainbow Warrior sunk off New Zealand

Sous la pression internationale, celui-ci finit par reconnaître les faits. Le bateau a bien été coulé par les services secrets français qui ont agi sur ordre, probablement du Président Mitterrand… Charles Hernu, ministre de la défense du gouvernement Fabius démissionne. La tragédie a mis en lumière, dans le monde entier, le combat de Greenpeace, lui donnant encore plus de force et de détermination pour poursuivre ses missions. En France cependant, une campagne de désinformation est orchestrée avec vigueur par les autorités. Il s’agit de faire passer la France pour une victime, l’agresseur n’étant autre que Greenpeace, organisation étrangère probablement manipulée par des intérêts ennemis…

La manipulation est efficace et la suspicion entretenue coupe l’organisation du soutien de son public. Le bureau français de Greenpeace est contraint de fermer ses portes en 1987 et les rouvrira deux ans plus tard.

Quand désobéir est un devoir

Demain, vendredi 10 juillet, nous organiserons une conférence – table ronde :

« Militant menacés : société civile en danger »
Lieu : Péniche l’Escale Bourdonnais – Bir Hakeim / Port de Suffren, Paris
de 10h à 12h

Le soir, à partir de 20H00 aura lieu un rassemblement sur le Parvis des droits de l’Homme.

Pour vous inscrire et en savoir plus n’hésitez pas à rejoindre notre événement sur la page Facebook dédiée.

Thons cherchent relation durable

Dispositifs de concentration de poissons, diminution inquiétante des stocks… les thons tropicaux souffrent des pratiques destructrices de la pêche industrielle.

Presque un an après notre campagne sur Petit Navire – MW Brands, nous ne souhaitons pas en rester là. Les marques de thon en boîte, dont les marques de distributeurs, ont un rôle important à jouer pour protéger les océans et soutenir une pêche durable. Elles peuvent et doivent intégrer des exigences environnementales et sociales ambitieuses dans les cahiers des charges qu’elles transmettent à leurs fournisseurs.

Pour cela, elles ont plus que jamais besoin de conseils.

Tous les thons méritent une relation durable

Afin de les conseiller, Cupithon, un thon albacore spécialisé dans le conseil relationnel auprès de l’industrie thonière, les guidera tout au long du mois de juillet.

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Conseil n°1 : réduire l’impact environnemental de la pêche thonière

La pêche thonière industrielle utilisant des DCP génère chaque année 100 000 tonnes de rejet, alors que d’autres modes de pêche respectueux des océans et de leurs ressources existent. La pêche à la canne ou la pêche à la senne sur bancs libres (sans DCP) sont des alternatives qui permettent de préserver la durabilité des stocks. La pêche à la canne est une technique sélective et n’engendre pas de prise accessoire d’espèces non visées comme les requins. Elle créé plus d’emplois par tonne de thons pêchés que la pêche à la senne. La pêche à la senne sur bancs libres évite la prise de thons juvéniles.
En effet, les DCP attirent les thons comme un aimant. Mais ils ne sont pas les seuls à subir cette attraction. Les requins soyeux, les tortues olivâtres, et bien d’autres, se retrouvent autour du DCP, puis pris dans les filets de thoniers senneurs qui finiront par les rejeter à la mer.

Aux côtés de Cupithon, VOUS pouvez agir en appelant les marques de thon en boîte afin de vous assurer qu’elles respectent ces conseils.

[Action à Bercy] Faillite du nucléaire : « François Hollande, arrêtez les frais et investissez dans les renouvelables ! »

Dès 6h40 du matin le 1 juillet 2015, 25 militants de Greenpeace bloquaient l’accès au ministère de l’Économie et des Finances à Bercy, pour demander à François Hollande de cesser de gaspiller l’argent public dans le nucléaire et d’investir massivement dans les énergies renouvelables.

Sapmer : et pour quelques millions d'euros de plus…

Changement de stratégie pour la Sapmer. Les profits à court terme n’étant pas au rendez-vous, la Sapmer abandonne une stratégie qui visait à miser sur la valeur ajoutée, pour s’orienter vers une course frénétique aux volumes.
Cela fait maintenant 2 ans que les ambitions d’expansion de la Sapmer ont du plomb dans l’aile, mais c’est la publication des comptes de l’entreprise pour 2014 qui a été le déclencheur : une perte de plus de 11 millions d’euros !

Qui est la Sapmer ?

Cet armateur réunionnais a pendant longtemps été spécialisé dans la pêche à la légine. Il y a moins de 10 ans, ses dirigeants se sont lancés dans l’aventure du thon tropical.

L’ambition était sans limites : construire en à peine une quinzaine d’années plus de vingt thoniers senneurs dernier cri, construire des usines de transformation à Maurice puis en Papouasie-Nouvelle-Guinée, devenir un acteur clef du sashimi, le thon haut de gamme, s’imposer sur le marché très fermé du Japon, avec comme objectif de dépasser les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en doublant les captures totales de thon tropical des armateurs français.

Pour cela, l’entreprise s’est implantée dans des paradis fiscaux, à Singapour et au Luxembourg. Elle a bénéficié de subventions, levé des centaines de millions d’argent frais et développé une stratégie de marketing et de communication basée sur la valorisation de produits haut de gamme plutôt que sur la course aux volumes. On a même entendu les dirigeants mépriser le « vieux » modèle des armateurs français qui ne faisaient que du thon en boîte.

Une logique purement financière

Mais il a suffi que les profits ne soient pas à la hauteur pour que la maison-mère, le groupe financier Jaccar, reprennent en main les choses, au détriment, bien sûr, de l’environnement marin et des conditions sociales de l’entreprise.

Le virage est radical : baisse des salaires des officiers bretons (jusqu’à -48% !), réduction des effectifs des marins africains, notamment malgaches, mais surtout pression accrue sur la ressource (les patrons des thoniers doivent maintenant capturer 8000 t par an, alors qu’ils plafonnaient a 5000 t).
Pour cela, la Sapmer a décidé de s’inspirer du modèle espagnol, le plus destructeur : réaliser plus de captures avec plus de DCP, et utiliser des navires de soutien chargés uniquement de déployer les DCP.

Une logique simpliste ?

L’action de la Sapmer a perdu 35% environ en un an, passant de 20€ à 12,5€. La direction a donc fixé comme objectif d’augmenter les captures… Les propositions qui se votent lors de l’Assemblé générale des actionnaires de la Sapmer (qui se tient aujourd’hui), sont présentées comme un plan de « sauvetage ». Mais cette stratégie va dans le mur. La Sapmer pourrait même avoir le prix de l’entreprise qui se positionne systématiquement à contre-courant de l’histoire !

Lorsque la Sapmer est entrée dans le business du thon tropical en 2006, il était déjà clair que la puissance de pêche de l’industrie était un problème. Mais peu importe, l’ambition de la Sapmer passe d’abord. Objectif : construire 20 thoniers industriels, capturer plus de 100 000 t de thon par an et vendre ce thon le plus cher possible.

Résultat : comme la Sapmer n’est pas la seule entreprise à construire des bateaux, les prix du thon se sont écroulés. Le prix de référence est autour de 1 000€/t, ce qui pose de gros problèmes de viabilité économique et financière aux armateurs.

En mettant en suspens son plan de construction de 10 thoniers pour le Pacifique, la première réaction de la Sapmer peut sembler logique. Mais la décision qui a suivi est absurde : capturer plus de thons pour compenser la baisse du prix, c’est mener une politique de la terre brûlée… Ce prix bas est justement le résultat d’une surproduction.

Toujours plus de DCP

Quand tout le monde parle de limiter le nombre de DCP, la Sapmer s’engage dans une fuite en avant, en annonçant l’utilisation de navires de soutien destinés à déployer encore plus de DCP.
Le 1er juillet commence la fermeture pour 3 mois de la pêche sur DCP dans le Pacifique. C’est à la veille de cette date que les actionnaires vont valider cette orientation contre-productive.
Et si vous pensiez que la Sapmer avait oublié que les armateurs français se sont engagés à ne pas déployer plus de 150 DCP par navire, détrompez-vous. Elle s’en rappelle bel et bien et va délocaliser l’ensemble de sa flotte aux Seychelles.

Il est à parier que l’augmentation du nombre de DCP ne va pas permettre à l’action Sapmer de remonter et à l’entreprise d’atteindre enfin ses objectifs de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. En revanche, ce qui est certain, c’est que le nombre de requins, de tortues et de toutes les autres espèces prises par les thoniers et qui forment les prises accessoires va exploser, tout comme les captures de thons juvéniles. Ce qui risque de baisser encore, ce sont les prix du thon et la viabilité économique de l’entreprise.
Mais surtout, la Sapmer risque de se laisser distancer par les acteurs les plus durables. Ce sont les entreprises qui feront le pari inverse qui auront toutes les chances de s’en sortir : pêcher moins, pêcher mieux pour vendre plus cher.

Les consommateurs ont le pouvoir d’agir en faisant le choix du thon durable !
Les actionnaires devraient anticiper cette demande et s’orienter vers une pêche sans DCP, s’ils veulent un jour recommencer à toucher des dividendes.