OGM : quand Jean-Claude Juncker préfère Monsanto aux citoyens européens…

La Commission européenne a publié le 22 avril une proposition de révision des règles à l’importation d’OGM en Europe.

Cette proposition permettrait de continuer à autoriser des OGM même quand une majorité d’Etats membres s’y opposent. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, avait pourtant promis de rendre plus démocratique le fonctionnement de l’Union européenne, notamment sur la question des OGM. Mais les nouvelles règles proposées n’ont rien de démocratique !

Une proposition faite dans le déni de la démocratie

Greenpeace Blockade GMO Storage Facility in Northern Sweden Aktivister blockerar GMO-lager i Norrbotten

EPR : le coup de grâce

La semaine dernière, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a annoncé avoir été informée par Areva d’une anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur EPR en construction à Flamanville.

Octobre 2013 : acheminement de la cuve vers le chantier de Flamanville
Octobre 2013 : acheminement de la cuve vers le chantier de Flamanville

Bois illégal : enfin une décision du ministère de l'Écologie !

Il y a quelques semaines, nous déposions devant le ministère de l’Écologie un tronc d’arbre de plus de 4 tonnes pour interpeller Ségolène Royal sur le manque d’action de la France contre le bois illégal.

Ce « petit » cadeau avait fait grand bruit et les réactions ne s’étaient pas faites attendre. Greenpeace avait été reçu le matin même par la directrice de cabinet de Ségolène Royal qui nous avait affirmé la volonté du gouvernement de procéder à des contrôles.

Action du 4 mars 2015 devant le ministère de l’Écologie  © Greenpeace / Pierre Baelen
Action du 4 mars 2015 devant le ministère de l’Écologie
© Greenpeace / Pierre Baelen

L'ADEME présente... l'électricité 100% renouvelable !

Aujourd’hui et demain, l’ADEME tient deux journées de réflexion sur les énergies renouvelables dans le mix électrique.
Dans ce cadre, l’agence gouvernementale avait annoncé une étude qui dévoile la photographie d’une France où l’électricité provient à 100% des énergies renouvelables en 2050. Elle est ensuite revenu sur sa publication en évoquant « la sensibilité du contexte politique de publication », pour reporter sine die sa sortie. Mediapart, dès la semaine dernière, la rendait publique en révélant qu’un mix électrique 100% renouvelables est on ne peut plus sérieux et réaliste. Depuis l’ADEME l’a mise en ligne sur son site.

Dharnaï : quand l'énergie solaire apporte bien plus que de l'électricité

Dans un pays où les énergies fossiles sont la principale source d’électricité, Dharnaï est le premier village indien à être alimenté à 100% en énergie solaire. Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France, s’est rendu sur place.

A Dharnai, l’électricité a apporté plus que la lumière dans les rues et les maisons. Il suffit de s’asseoir avec l’un des habitants du village pour qu’il raconte à quel point sa vie a changé depuis l’installation des panneaux solaires l’an dernier.

« Maintenant, nous avons la sécurité pour les femmes et l’éducation pour les enfants », explique Kamal Kishoor, autorité morale du village et président du comité de gestion du réseau, « et puis, l’installation des panneaux et du réseau a donné du travail à plus de vingt personnes pendant des mois et a même créé 4 emplois permanents. Pour nous, dans une région où le travail n’existe pas, c’est énorme ». Il est fier de son village aujourd’hui. Fier que deux anciens habitants partis chercher du travail à Patna, la grande ville la plus proche, ont décidé de revenir à Dharnaï.

Dharnaï, un village de renommée nationale

Le village est connu dans tout le pays. Le gouvernement qui jusque-là n’avait pas manifesté une attention particulière au sort des habitants commence à investir dans le coin. A l’entrée du village, juste derrière le bâtiment qui abrite les panneaux solaires et les batteries, les autorités ont débuté le chantier de création d’un entrepôt pour stocker les céréales cultivées à proximité. Sans la publicité occasionnée par le « premier village solaire d’Inde », il y a fort à parier que ce bâtiment n’aurait jamais vu le jour. L’électricité solaire a également permis d’améliorer l’irrigation des champs grâce à l’installation d’une dizaine de pompes solaires.

© Greenpeace / Suman
© Greenpeace / Suman

Une vie sociale qui renaît

La maîtresse de la seule école publique du village est fière de ses élèves. « Maintenant, ils peuvent travailler plus tard le soir. Avant ils n’avaient pas de lumière ou trop peu pour apprendre. Désormais, certains passent plusieurs heures le soir à apprendre leurs leçons. Ça ne change pas tout bien sûr mais on voit déjà le résultat. Ils font plus de dessins aussi », témoigne Sarita Kumari. Les enfants peuvent aussi jouer en toute sécurité dans les rues du village. D’ailleurs, à la nuit tombée, ils se rassemblent sous les lampadaires installés à l’extérieur. Les ronds lumineux deviennent des points de rassemblement pour les enfants et les adultes.
C’est l’ensemble des relations sociales du village qui ont été modifiés par l’arrivée de l’éclairage public. Les habitants se rendent aussi plus facilement à la seule pharmacie. Au-delà de pouvoir acheter les médicaments dont ils ont besoin, les commerces sont devenus des lieux de rencontres et de discussions. On y discute de la vie du village mais aussi de politique et de cricket, le sport national.

© Greenpeance / Suman
© Greenpeance / Suman

Les anciens, ceux qui sont nés à Dharnaï, sont heureux de voir leur village prospérer. Ils sont aussi fiers de participer à leur manière à la lutte contre la pollution de l’air et le dérèglement climatique. Avant ils devaient recourir à des lampes à pétrole ou des générateurs au diesel, très polluants pour eux et l’environnement.

La transition énergétique est déjà une réalité pour les habitants du village. Ils n’ont qu’une envie maintenant, c’est de poursuivre. Ils débordent d’envie et d’idées pour améliorer encore leur bien-être.

« La prochaine étape maintenant c’est une usine de purification de l’eau. Avec ça, nous pourrons dire que nous vivons aussi bien qu’en ville », promet Kamal Kishoor.

Thon : l'Union Européenne nage à contre-courant

Alors que depuis plusieurs années, les dispositifs de concentration de poisson (DCP) sont accusés de servir une pêche meurtrière, l’Union européenne vient de présenter en amont de la prochaine session de la Commission des thons de l’océan Indien (CTOI) une proposition pour le moins déconcertante. Au lieu de mieux protéger les stocks de thon et l’écosystème marin, l’Union européenne propose au contraire d’ouvrir la porte à l ‘augmentation de ces néfastes engins de pêche.

On ignore combien de DCP sont déployés en mer

Jusqu’à présent, le nombre de DCP sur chaque bateau était laissé à la libre appréciation des opérateurs thoniers. A l’échelle mondiale, la gestion de la capacité des flottes de thoniers senneurs est si lamentable qu’on ignore la quantité exacte de DCP présents dans nos océans…

D’après une étude publiée par le Parlement européen en 2014, il y aurait environ 91 000 DCP déployés dans le monde. Il s’agit seulement d’une estimation (certainement basse…), les plans de gestion récemment approuvés par les organismes régionaux de gestion des pêcheries comportant souvent des clauses de confidentialité qui empêchent la publication de certaines données et préservent ainsi les intérêts de certains acteurs industriels.

dcp

L’UE propose de « limiter » le nombre de DCP à 550 par navire…C’est quatre fois plus que les estimations actuelles !

L’UE a-t-elle fait une erreur de calcul ? Si les quelque 678 gros thoniers senneurs pêchant à plein temps le thon tropical décidaient de s’équiper de 550 DCP chacun, on compterait alors plus de 370 000 de ces engins dans nos océans – soit un chiffre quatre fois supérieur aux estimations du Parlement européen ! De plus, autoriser 550 DCP par navire dans l’océan Indien, d’où provient la plupart du thon en boîte vendu en France, pourrait créer un précédent susceptible d’être reproduit ailleurs… Ce serait alors la porte ouverte à toujours plus de surpêche !

Cette proposition est d’autant plus absurde et incompréhensible que lors de la dernière session de la CTOI l’an dernier, l’UE a rejeté une proposition de l’île Maurice de limiter le nombre de DCP par navire à 200 (une quantité que Greenpeace trouve déjà bien trop élevée !), au motif qu’aucune donnée scientifique ne justifiait ce chiffre.

Nous serions curieux de savoir où l’UE a trouvé des données scientifiques attestant qu’une quantité de 550 DCP par navire est sans danger pour la ressource !

Au cas où certains États membres l’auraient oublié, ils sont tenus par de nombreux instruments internationaux (dont l’Accord des Nations unies sur les stocks de poissons) d’appliquer le principe de précaution, à plus forte raison quand les données sont « incertaines, peu fiables ou inadéquates ».

Les capacités de pêche au thon ne cessent d’augmenter

En 2009, les pays industrialisés pêcheurs de thon (largement responsables de la surexploitation de la ressource) avaient préconisé de geler les capacités de leur flotte thonière. L’UE était à l’époque l’un des plus fervents défenseurs de cette proposition.
Mais depuis, environ 110 gros navires sont venus gonfler la flotte mondiale depuis 2009, ce qui signifie que 678 thoniers senneurs pêchent actuellement le thon tropical à plein temps.

Non seulement ces nouveaux bateaux sont plus puissants que les anciens, mais leurs filets sont en outre beaucoup plus grands et ils utilisent des DCP. D’après de récentes études, le nombre de DCP dans les océans tropicaux a été multiplié par 2, voire 4, au cours des 10 dernières années. Parallèlement à cette prolifération, la Commission des pêches pour le Pacifique occidental et central a constaté une diminution des bancs de poissons.

À qui va profiter le crime ?

Aujourd’hui, les thoniers senneurs français affirment se limiter à 200 DCP par an.
En proposant de limiter ce nombre à 550, l’UE cherche-t-elle à inciter la flotte française à multiplier par plus de deux le nombre de ses DCP ? Ainsi, cette dernière donne l’impression de vouloir inciter les opérateurs qui utilisent moins de DCP à en utiliser plus pour rester compétitifs, alors que leur prolifération cause déjà des ravages. En effet, l’augmentation du nombre de DCP aura un impact sur ceux qui n’en utilisent pas ! Des données récentes démontrent qu’il est de plus en plus difficile de pêcher du thon listao sans DCP dans l’océan Atlantique et l’océan Indien occidental.

Ainsi, ce sont les bateaux les plus gros et équipés du matériel le plus sophistiqué qui vont tirer leur épingle du jeu. Une poignée d’entreprises de pêche thonière industrielle capables de prendre en charge toujours plus de DCP et d’investir dans des technologies toujours plus redoutables.

Cette proposition de l’Union européenne a pour réelle intention de mettre hors-jeu les petits opérateurs. Elle devrait être combattue par de nombreux acteurs de l’industrie thonière, par les pays qui ne possèdent pas ces bateaux-usines équipés de DCP, mais aussi par les négociants, les revendeurs et les consommateurs responsables.

Arctique : en mer, près de 7 millions de personnes à la poursuite de Shell

Shell remet le couvert. La compagnie pétrolière a l’intention de retourner cet été en Arctique, au large de l’Alaska, à la recherche de pétrole. Alors que le Président Obama vient tout juste de donner son feu vert pour ces forages, Shell a déjà mis en branle sa flotte pétrolière : en ce moment même, le Noble Discoverer et le Polar Pioneer traversent le Pacifique pour rejoindre l’Arctique.

Mais cette flottille ne voyage pas seule. L’Esperanza, un bateau de Greenpeace, la suit à la trace, avec près de 7 millions de personnes à son bord !

Voir le journal de bord de l’équipage

hot pursuit

Près de 7 millions de Défenseurs de l’Arctique ont signé notre appel pour la création d’une zone naturelle préservée en Arctique. Cette région doit être protégée des prospections pétrolières et de la pêche industrielle. Si ces signataires ne peuvent être présents physiquement sur notre bateau, six membres d’équipage sont à bord pour être leurs yeux et leurs oreilles et faire pression sur Shell.
Vous pouvez prendre de leurs nouvelles sur twitter : #TheCrossing
Et bien sûr suivre en direct les étapes de cette expédition.
La région arctique ne doit pas être livrée à l’appétit féroce des compagnies pétrolières ! Devenez Défenseur de l’Arctique !

DETOX : après quatre ans de campagne, où en sont les marques ?

Depuis le lancement de la campagne Detox en juillet 2011, des milliers de militants, fashionistas, bloggers et consommateurs demandent d’une seule et même voix une mode sans produits toxiques et sans pollution… Aujourd’hui, l’heure du point d’étape est venue : Greenpeace Asie de l’est publie un nouveau classement pour évaluer les progrès réalisés par les marques depuis le début du mouvement Detox.

18 groupes textiles engagés dans la Detox, dont 16 « leaders » du mouvement !

detox

Parmi les 18 marques qui se sont engagées à prendre des mesures pour cesser d’utiliser des produits toxiques dangereux, 16 ont réalisé des progrès tangibles et peuvent être considérées comme des « leaders de la Detox », tandis que deux n’ont pas encore mis en place d’actions concrètes (Nike et LiNing, qualifiées de « greenwashers »). La catégorie des « losers » regroupe 11 marques n’ayant pris aucun engagement.

Dans ce classement, les marques ont été évaluées en fonction des mesures, des plans et des échéanciers adoptés pour cesser d’utiliser des substances chimiques dangereuses (comme les NPE, les phtalates ou encore les PFC ). Ont également été pris en compte les progrès en matière de transparence et de publication de données, notamment provenant de leurs fournisseurs, concernant les produits chimiques qui entrent dans la composition des produits ou qui sont rejetés dans l’environnement lors de la fabrication.

Et les marques françaises dans tout ça ?

Pas de quoi faire cocorico. Les marques Hermès et LVMH/Christian Dior Couture font figure de mauvaises élèves : elles n’ont pris aucun engagement pour se débarrasser de leur addiction toxique, alors que des produits chimiques dangereux avaient été retrouvés dans des vêtements et chaussures pour enfants, lors d’analyses effectuées par Greenpeace International en février 2014. Pour ces marques, passer en mode Detox ne serait pas un luxe ! D’autant plus que leurs concurrents comme Valentino ou Burberry font partie du groupe des leaders…

Des avancées législatives qui font du bien aux consommateurs… et aux cours d’eau

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Comme nous vous l’expliquons dans l’infographie ci-dessus, le mouvement Detox a également permis d’impulser des réformes législatives pour contrôler voire interdire les substances chimiques toxiques utilisées par l’industrie textile. Ces produits chimiques constituent une grave menace pour la santé humaine et l’environnement, empoisonnant de précieux cours d’eau dans le monde entier.

L’urgence à prendre en charge cette question de la pollution de l’eau est en train de s’imposer dans des pays comme la Chine, où plus de la moitié de l’eau de surface n’est pas potable et 64% des réserves d’eaux souterraines dans les grandes villes sont très polluées. L’industrie du textile chinoise (qui assure 57 % de la production mondiale) est responsable à elle seule de 10% de la production d’eaux usées industrielles. En Indonésie, 34 % de la pollution des eaux est imputable à cette industrie, voire 80 % dans la capitale. Au Mexique, l’un des plus gros fabricants de jean du monde, 70 % des eaux sont contaminées…

Les pays clients sont eux aussi concernés : les substances chimiques dangereuses présentes dans les articles vestimentaires peuvent passer dans l’environnement, à l’occasion d’un lavage par exemple, et se dégrader dans l’eau pour former des produits chimiques toxiques qui dérèglent le fonctionnement hormonal.

Les 18 marques engagées dans la Detox représentent environ 10 % du marché mondial du textile. 10 %, c’est peu… Et c’est beaucoup ! Car sans votre engagement, le compteur serait à zéro ! Le mouvement Detox lancé par Greenpeace et porté par des citoyens du monde entier a remporté des victoires … Et en remportera d’autres !

À suivre…

Consulter le dernier classement Detox et voir la VIDEO
Revivre tous les moments forts de la campagne Detox, ICI