Le gouvernement indien a bloqué les comptes de l'organisation et interdit à des collaborateurs de quitter le pays. Mais Greenpeace ne se laisse pas réduire au silence et lutte contre cette forme d'oppression.

Climat

En Inde, Greenpeace dérange et risque la fermeture imminente

Le gouvernement indien a bloqué les comptes de l'organisation et interdit à des collaborateurs de quitter le pays. Mais Greenpeace ne se laisse pas réduire au silence et lutte contre cette forme d'oppression.

Il ne reste qu’un mois à Greenpeace Inde pour assurer sa survie… Depuis plusieurs mois, le gouvernement de « la plus grande démocratie du monde » prend de vastes mesures répressives contre les organisations de la société civile en général, et contre les associations de défense de l’environnement en particulier. Greenpeace Inde ne dispose plus que de 30 jours de trésorerie pour couvrir les salaires de son personnel et ses frais de fonctionnement.

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Une oppression sournoise pour asphyxier l’association

La décision du ministre de l’Intérieur, Rajnath Singh, de geler les comptes bancaires de Greenpeace Inde est une façon de détruire l’ONG à petit feu. Non seulement 340 salariés risquent de perdre leur emploi, mais, en outre, les campagnes menées par l’organisation pour défendre le développement durable, la justice environnementale et les énergies propres seraient réduites à néant.

Le gouvernement indien multiplie depuis plusieurs mois les attaques contre Greenpeace Inde. En mars dernier, par exemple, les autorités avaient interdit à la chargée de campagne Priya Pillai de se rendre à une conférence au Royaume-Uni, où elle devait présenter les impacts de l’industrie extractive sur la population indienne. Cette interdiction, ainsi que d’autres sanctions imposées à l’ONG, ont finalement été levées par la Haute Cour de justice de Delhi.

En gelant les comptes de Greenpeace Inde, le gouvernement bloque en réalité les dons de 77 000 citoyennes et citoyens indiens ! Ces dons représentent plus de 68 % des revenus de l’association, le reste provenant des contributions apportées par d’autres bureaux de Greenpeace dans le monde, dont bien sûr Greenpeace France.

Par solidarité, Greenpeace France se mobilise

Greenpeace France a adressé un courrier à l’Ambassadeur d’Inde en France lui demandant un rendez-vous afin de pouvoir répondre aux accusations portées contre Greenpeace Inde. Le courrier souligne notamment la transparence financière de l’organisation en Inde et indique que ces attaques constituent une violation des droits à la liberté d’expression et d’association garantis par la Constitution indienne et par le droit international. Greenpeace France compte également interpeller le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sur ce sujet.

Greenpeace Inde coupable de faire passer la planète avant les profits ?

La fermeture forcée de Greenpeace Inde ne serait pas qu’un symbole catastrophique pour ce pays. Ce serait surtout la fin de campagnes ambitieuses et d’une véritable vision d’un avenir respectueux de l’environnement et des personnes. Ses actions ont déjà permis des avancées majeures, par exemple en protégeant récemment les forêts de Mahan de l’exploitation de charbon, ou en mettant en avant des solutions positives pour les Indiens les plus pauvres comme dans le village de Dharnaï, le premier en Inde où toute l’électricité est produite à partir de l’énergie solaire. Grâce à une coalition d’associations menée par Greenpeace, environ 450 maisons, 50 commerces, deux écoles ainsi qu’un centre dédié à la formation et à la santé sont raccordés à 280 panneaux photovoltaïques installés à proximité du village.

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Aujourd’hui Greenpeace, demain d’autres membres de la société civile ?

Greenpeace Inde prépare un nouveau recours judiciaire, mais son directeur, Samit Aich craint que le processus ne se prolonge bien delà du 1er juin, date à laquelle les réserves de trésorerie seront épuisées. Il s’interroge sur les raisons de ces sanctions :

« Est-ce parce ce que nous avons parlé de thé sans pesticides, de pollution de l’air, et d’un avenir plus propre et plus juste pour tous les Indiens ».

Samit Aich espère que le Ministère de l’intérieur donnera les vraies raisons de ses décisions arbitraires. « Le Ministre de l’intérieur essaie de nous planter un couteau dans le dos. Car il sait qu’interdire Greenpeace dans son ensemble est anticonstitutionnel. Nous l’appelons à reconnaître enfin qu’il veut interdire Greenpeace Inde pour nous faire taire. Ces attaques arbitraires pourraient créer un précédent extrêmement dangereux. En Inde, toutes les organisations civiles sont devenues des cibles. »

 

Vous pouvez vous aussi soutenir la liberté d’expression et l’action de Greenpeace Inde et afficher votre solidarité sur les réseaux sociaux :

La voix des Indiens ne doit pas être réprimée par des décisions arbitraires ! Tous ensemble, apportons-leur notre soutien !