Forêts

Papouasie Nouvelle Guinée : des compagnies forestières exploitent les populations locales

Une enquête de Greenpeace réalisée dans trois concessions de Papouasie Nouvelle Guinée révèle que des compagnies forestières exploitent les populations locales et pillent les ressources forestières. Des témoignages recueillis au sein de villages isolés font état de cas de travail forcé sur les concessions de Turama Forest Industries (TFI), Rimbunan Hijau Group et Ribunan Hijau (RH).

Destruction de sites sacrés, absence d’infrastructures pourtant promises par les compagnies forestières, défaut d’entretien des routes, des écoles, absence de matériel médical ou de médicaments, salaires de misère, travailleurs ayant des dettes à vie envers leurs employeurs, sécurité au travail défaillante… autant de maux qui sont le quotidien des habitants des forêts de Papouasie Nouvelle Guinée.

« Le sentiment général recueilli par Greenpeace auprès des propriétaires terriens est que ces compagnies forestières volent les ressources et exploitent les populations locales tandis que le gouvernement ferme les yeux sur ce scandale, explique Sam Moko, chargé de campagne Forêts à Greenpeace. Beaucoup de questions se posent aussi sur la légalité de leurs opérations et sur le processus d’attribution des permis d’exploitation forestière. »

Des bulletins de salaires transmis à Greenpeace montrent que des salariés travaillent de très longues journées pour un salaire de misère. L’argent qui leur est versé retourne ensuite, pour la plupart, directement à l’employeur. En effet, au sein des concessions, ces entreprises forestières ont ouvert des magasins où se pratiquent des prix très élevés. Ne parvenant plus à trouver de nourriture près de leurs habitations du fait de la déforestation, les employés sont contraints de se fournir à crédit dans ces magasins onéreux, rentrant ainsi dans le cercle vicieux des dettes à vie envers leurs employeurs.

La Banque Mondiale estime que 70% de la déforestation est illégale en Papouasie-Nouvelle Guinée. Greenpeace considère, de son côté, que ce chiffre s’élève même à hauteur de 90%, de très nombreux licences d’exploitation forestière étant obtenues sans le consentement éclairé des propriétaires terriens.