Océans | le 2 février 2010

Cacophonie gouvernementale sur le thon rouge

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Classement du thon rouge en annexe 1 avec ou sans condition ? Délais de 12 ou de 18 mois ? Bruno Le Maire, Jean-Louis Borloo, François Fillon, Nicolas Sarkozy : qui a le dossier en main ? De récents articles de presse rapportent des positions divergentes … Un flou artistique qui incite à la méfiance.

Reconnaître la nécessité d’un classement en annexe 1, c’est admettre que l’espèce est menacée. Apparemment, la France reconnaîtrait l’urgence de la situation, en soutenant une annexe 1, mais avec un délai de mise en Å“uvre. Cela revient à dire qu’il faut sauver d’urgence le thon rouge mais qu’on le protègera…après sa disparition !

La France pourrait demander 12 à 18 mois pour la mise en œuvre. Que veut dire ce délai ? Il faut 90 jours pour que les mesures prises à la Cites soit effectives, donc, à moins d’un moratoire, la saison de pêche 2010 (mi-mai à mi-juin) aura lieu. Ce délai prendrait-il effet après ces 90 jours de carence, ou les annulerait-il ? La saison de pêche 2011 en dépend.

Les thons sont engraissés pendant plusieurs mois en Méditerranée, avant d’être vendus essentiellement au Japon, en janvier-février de l’année suivante. Un contrat de vente préalable peut être signé avant engraissement. A quel moment prendra effet l’interdiction du commerce international ? A la date de signature du contrat (12 mois)? Au moment réel de la vente (18 mois)?

Greenpeace demande un positionnement clair et officiel de la France, pour l’interdiction du commerce international, sans délais ni conditions. M. Le Maire défend toujours une poignée de pêcheurs industriels au mépris d’une espèce emblématique… Faites lui passer le message !

Rejoignez la mobilisation en faveur de l’inscription sans délais et sans condition du thon rouge à l’annexe 1 de la CITES:
http://www.greenpeace.fr/thon-rouge
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OGM | le 2 février 2010

Scandale des portes tournantes, nouveaux commissaires européens : L’UE de plus en plus « pro OGM » ?

C’est un véritable scandale qui agite le petit monde des hauts fonctionnaires européens depuis la révélation, il y a quelques jours, d’un cas de « porte tournante » qui remonte pourtant déjà à 2008. Les « portes tournantes », ce sont ces allers et retours de fonctionnaires européens entre des institutions européennes et le secteur privé. Cette fois, il s’agit de Suzy Renckens, qui fut à la tête de l’unité OGM de l’AESA (Agence Européenne de Sécurité des Aliments) d’avril 2003 à mars 2008 et s’est retrouvée propulsée quelques semaines plus tard à un poste clé de lobbyiste pour la société agro-semencière Syngenta. Sa mission, approcher et convaincre les autorités comme l’Unité OGM dont elle dirigeait la branche scientifique auparavant au sein de l’AESA, du bienfait des OGM.

L’AESA, bien que les nouveaux postes des ex-fonctionnaires européens soient soumis à approbation jusqu’à deux ans après leur démission, a été muette pendant plus d’un an, ne contactant l’intéressée qu’après que l’affaire soit révélée, en décembre dernier.

Cette affaire jette encore un peu plus le doute sur l’AESA et son panel d’experts, soupçonnés d’être ouvertement pro-OGM. Et ce non sans raison : jusqu’à aujourd’hui cette autorité a rendu 100 % d’avis positif sur l’innocuité des plantes OGM soumises à autorisation.

Quand à la nouvelle commission Barroso, elle semble dans la droite lignée de la précédente, prête à autoriser une avalanche de plantes génétiquement modifiées pour l’importation ou la culture. Ainsi lors des classiques auditions par le parlement des futurs commissaires, Monsieur Dalli, commissaire à la santé et à la politique des consommateurs, leader sur la question des OGM, a promis des « décisions rapides » voir accélérées concernant les nombreuses autorisations d’OGM en attente. De son côté, le commissaire à la recherche Monsieur Geoghegan-Quinn a, quant à lui, affirmé qu’il tenterait au maximum de renforcer la compétitivité européenne dans le domaine des biotechnologies afin de contrecarrer la Chine et l’Inde.

La vigilance est donc de mise, d’autant que plus d’une cinquantaine de plantes génétiquement modifiées sont en attentes d’une autorisation européenne.

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